Les droits des enfants : un combat collectif et urgent
Le Conseil Départemental de l’Accès aux droits de la Lozère (CDAD48), l’Udaf de la Lozère (Union départementale des associations familiales) et la Protection Judiciaire de la Jeunesse de Lozère ont accueilli, mardi 18 novembre, un colloque d’envergure consacré à l’accès aux droits des enfants.
Mende, le 18 novembre 2025 —Le Conseil Départemental de l’Accès aux droits de la Lozère (CDAD48), l’Udaf de la Lozère (Union départementale des associations familiales) et la Protection Judiciaire de la Jeunesse de Lozère ont accueilli, mardi 18 novembre, un colloque d’envergure consacré à l’accès aux droits des enfants. En ouverture, Yves Gallego, Président du tribunal judiciaire de Mende et du CDAD de la Lozère, a rappelé avec force l’urgence d’agir.
Un constat des droits bafoués est alarmant : devant un parterre de professionnels de la protection de l’enfance, enseignants et acteurs associatifs et publics intéressés par le sujet, Yves Gallego a dressé un tableau sombre de la situation des enfants en France. « En 2024, un enfant était victime d’inceste, de viol ou d’agression sexuelle toutes les trois minutes. Chaque année, 160 000 enfants subissent des violences sexuelles, et un enfant meurt tous les cinq jours au sein de la sphère familiale. » Des chiffres qui, selon lui, révèlent « une exploitation et une violence systémiques », aggravées par « le manque chronique de moyens alloués à la prévention et à la protection de l’enfance ».
Des droits fondamentaux, trop souvent ignorés : le Président du CDAD a rappelé les droits inaliénables des enfants, énoncés par la Convention Internationale des Droits de l’Enfant : droit à l’égalité, à l’identité, à vivre en famille, à la santé, à l’éducation, à la protection de la vie privée, à une justice adaptée, et surtout, à être protégé. « Chaque enfant doit être traité à égalité, quel que soit son origine, son sexe, son handicap ou ses croyances. Le droit à la santé, à l’éducation, à un environnement protecteur, ne sont pas négociables », a-t-il insisté.
Un plan national, des réalités locales : Yves Gallego a salué le plan pluriannuel 2023-2027 contre les violences faites aux enfants, présenté en 2023 par la Première ministre Élisabeth Borne. Ce plan, composé de 22 actions, vise à renforcer les moyens des dispositifs de protection, à améliorer la prise en charge des victimes et à sensibiliser l’ensemble de la société. « La Lozère est déjà dotée d’une unité d’accueil pédiatrique pour enfants en danger, mais il faut aller plus loin », a-t-il souligné, évoquant la création de postes au 119, la formation des professionnels et la mobilisation de la société civile.
Des échanges riches et pluriels : le colloque a réuni des intervenants de premier plan, dont Christophe Daadouch, docteur en droit, et Dominique Attias, avocate, mais aussi de nombreux acteurs locaux : la déléguée au Défenseur des droits de Lozère, des représentants de l’Éducation nationale, de l’Espace 48 Jeunes, de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), ainsi que le Conseil départemental. Ces échanges ont permis de croiser les regards et les expériences, afin de mieux appréhender les défis concrets de l’accès aux droits des enfants sur le territoire lozérien.
Un colloque pour agir ensemble : organisé en partenariat avec l’Union départementale des associations familiales de la Lozère, la Protection judiciaire de la jeunesse et le CDAD, le colloque a tenu ses objectifs : «mener une réflexion approfondie, et créer un espace de partage et de coopération entre tous les acteurs du champ social, médical et éducatif », comme l’a rappelé Yves Gallego.
En conclusion, le Président du CDAD a cité Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies : « Rien n’est plus important que de bâtir un monde dans lequel tous nos enfants auront la possibilité de réaliser pleinement leur potentiel et de grandir en bonne santé, dans la paix et dans la dignité. » Un appel à l’action collective, pour que les droits des enfants ne restent pas des mots, mais deviennent une réalité pour tous.